Chômage : La création d’auto-entreprise est-elle la solution miracle pour rebondir ?

Philippe Renaud

16/10/2025

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Vous êtes au chômage et vous souhaitez créer votre propre emploi ? Vous avez raison, c’est le moment idéal pour vous lancer ! Devenir auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) est une solution simple et rapide pour créer votre activité. En plus, vous pouvez bénéficier d’aides financières pour vous lancer et compléter vos revenus. Selon l’INSEE, en 2023, près de 30% des créateurs d’entreprises individuelles étaient inscrits à Pôle emploi (désormais France Travail), ce qui démontre la pertinence de ce parcours. Quelles sont les aides pour entreprendre après une période de chômage ? Comment en bénéficier ? On vous explique tout.

Ce qu’il faut retenir

  1. Le chômage est un moment opportun pour lancer son auto-entreprise, en transformant une contrainte en véritable projet professionnel.
  2. Il est possible de cumuler intégralement ou partiellement l’Aide au Retour à l’Emploi (ARE) avec les revenus de votre nouvelle activité, assurant une sécurité financière.
  3. L’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise (ARCE) vous permet de recevoir 60 % de vos droits au chômage restants sous forme de capital, un levier puissant pour démarrer.
  4. L’ACRE offre une exonération de 50 % de vos cotisations sociales la première année, allégeant considérablement vos charges de départ.
  5. Ces dispositifs combinés, gérés par France Travail et l’Urssaf, sont conçus pour faire de votre projet de création d’entreprise en 2026 un succès.

Pourquoi devenir auto-entrepreneur au chômage ?

Le chômage est souvent synonyme de perte de revenus et d’isolement social. La création d’une auto-entreprise pendant cette période peut être un véritable tremplin pour votre carrière professionnelle.

On peut voir au moins 3 avantages à créer son auto-entreprise au chômage :

  1. Vous créez votre propre emploi : vous devenez votre propre patron et mettez vos compétences au service de votre projet.
  2. Vous bénéficiez d’aides à la création d’entreprise : vous pouvez obtenir un maintien de vos allocations chômage ou une aide financière pour vous constituer un capital de départ.
  3. Vous testez votre projet sans prendre de risques : le statut d’auto-entrepreneur est idéal pour tester une idée ou un concept avant de créer une société.

Comme le souligne Charles-René Tandé, ancien président du Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables, « l’entrepreneuriat est une voie de réinsertion formidable. Les aides existantes sont un signal fort envoyé aux porteurs de projet pour qu’ils osent se lancer ».

 

ARE et auto-entreprise : le cumul est-il possible ?

L’Aide au Retour à l’Emploi (ARE) est le nom donné aux allocations chômage versées par France Travail (anciennement Pôle Emploi) aux demandeurs d’emploi. C’est la première aide à laquelle vous pouvez prétendre en créant votre auto-entreprise.

A lire :  Vous n’avez pas encore de SIRET pour votre auto-entreprise : voici la solution !

Vous êtes indemnisé par France Travail et vous créez votre auto-entreprise ? Vous pouvez bénéficier du maintien partiel de vos allocations chômage. L’objectif ? Compléter les revenus que vous tirez de votre nouvelle activité d’indépendant.

Le cumul de l’ARE avec vos revenus d’auto-entrepreneur est possible si :

  1. Le montant de vos revenus d’auto-entrepreneur + celui de vos allocations ne dépasse pas le montant de votre Salaire Journalier de Référence (SJR). Le SJR correspond au montant de votre ancien salaire.
  2. Vous êtes toujours en cours d’indemnisation (il vous reste des droits au chômage).

Chaque mois, vous devez déclarer votre chiffre d’affaires (CA) à France Travail lors de votre actualisation. France Travail va ensuite calculer le montant de l’ARE à vous verser en complément de votre chiffre d’affaires.

Le calcul est le suivant :

Montant de l’ARE mensuelle = (Allocation ARE mensuelle) – (70 % du revenu de l’activité d’auto-entrepreneur)

Pour déterminer le revenu de votre activité, France Travail applique un abattement forfaitaire sur votre chiffre d’affaires :

  • 71 % pour les activités de vente de marchandises
  • 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales
  • 34 % pour les professions libérales

Ensuite, le montant que vous n’avez pas perçu est transformé en jours d’indemnisation supplémentaires. Vous ne perdez donc pas vos droits au chômage, vous reportez simplement leur versement.

Le conseil du Club Micro-Entreprise : Si vous ne réalisez pas de chiffre d’affaires (0 €), vous pouvez bénéficier du maintien intégral de vos allocations chômage. Pensez à bien déclarer 0 € de CA lors de votre actualisation mensuelle.

Prenons un exemple pour bien comprendre le calcul :

Sophie est graphiste et perçoit 1 200 € d’allocations chômage par mois (40 € par jour). En mars, elle a facturé 800 € de prestations de services. Le calcul est le suivant :

  1. Abattement forfaitaire pour frais professionnels : 800 € x 34 % = 272 €
  2. Revenu pris en compte par France Travail : 800 € – 272 € = 528 €
  3. 70 % des revenus de la micro-entreprise : 528 € x 70 % = 369,60 €
  4. Montant de l’ARE versée en mars : 1 200 € – 369,60 € = 830,40 €
  5. Nombre de jours d’allocations non versés : 369,60 € / 40 € (son allocation journalière) = 9,24, arrondi à 9 jours.

Sophie touchera donc 830,40 € d’ARE en mars. Les 9 jours non indemnisés seront reportés à la fin de ses droits au chômage.

Qu’est-ce que l’ARCE ?

L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) est une autre aide financière versée par France Travail. Elle consiste à recevoir une partie de vos droits au chômage sous forme de capital.

Depuis le 1er juillet 2023, le montant de l’ARCE est passé de 45 % à 60 % du reliquat de vos droits à l’ARE. Cette revalorisation significative, confirmée par France Travail, vise à renforcer le soutien aux créateurs d’entreprise.

A lire :  Le Registre Spécial des Agents Commerciaux (RSAC)

L’ARCE est versée en deux fois :

  1. Un premier versement à la date de création de votre auto-entreprise.
  2. Le solde 6 mois plus tard, à condition que vous exerciez toujours votre activité.

Pour bénéficier de l’ARCE, vous devez remplir deux conditions :

  1. Être demandeur d’emploi et créateur ou repreneur d’une entreprise.
  2. Avoir obtenu l’ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise).

La demande d’ARCE se fait directement auprès de votre conseiller France Travail. Vous devrez lui fournir un justificatif de création de votre auto-entreprise (extrait Kbis ou memento de l’Insee).

Attention : si vous choisissez l’ARCE, vous ne pouvez plus bénéficier du maintien de vos allocations chômage (ARE). Vous serez radié de la liste des demandeurs d’emploi. Il est donc essentiel de bien réfléchir à votre projet et à vos besoins financiers avant de faire votre choix.

ARE ou ARCE : que choisir ?

Le choix entre l’ARE et l’ARCE dépend de votre projet et de votre situation personnelle. Voici un tableau comparatif pour vous aider à y voir plus clair :

  ARE (Maintien des allocations chômage) ARCE (Capital)
Principe Maintien partiel de vos allocations chômage en complément de vos revenus d’auto-entrepreneur. Versement de 60 % de vos droits au chômage restants sous forme de capital.
Pour qui ? Les auto-entrepreneurs qui ont besoin d’un revenu régulier pour compléter leur chiffre d’affaires. Les auto-entrepreneurs qui ont besoin d’un capital de départ pour financer le lancement de leur activité (achat de matériel, stock, etc.).
Avantages – Sécurité financière avec un revenu mensuel garanti.
– Les droits non versés sont reportés.
– Protection sociale maintenue (validation des trimestres de retraite).
– Capital de départ conséquent.
– Pas de déclaration mensuelle à France Travail.
– Possibilité de cumuler avec d’autres revenus (salariés par exemple).
Inconvénients – Démarches administratives mensuelles (actualisation France Travail).
– Le montant des allocations diminue si le CA augmente.
– Perte de 40 % de ses droits au chômage.
– Radiation de la liste des demandeurs d’emploi.
– Pas de validation des trimestres de retraite.

L’ACRE pour les auto-entrepreneurs

L’ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise) est une exonération partielle de vos cotisations sociales pendant votre première année d’activité. C’est un coup de pouce non négligeable pour démarrer votre auto-entreprise.

Les demandeurs d’emploi indemnisés ou non indemnisés inscrits à France Travail depuis plus de 6 mois au cours des 18 derniers mois sont éligibles à l’ACRE.

Grâce à l’ACRE, vous bénéficiez d’une réduction de 50 % sur vos taux de cotisations sociales jusqu’à la fin du 3ème trimestre civil qui suit celui de votre début d’activité. Chaque année, « plus de 300 000 créateurs d’entreprise bénéficient de l’ACRE, ce qui en fait l’un des dispositifs de soutien à l’entrepreneuriat les plus efficaces », selon les données de l’Acoss (la caisse nationale des Urssaf).

Voici les taux de cotisations sociales avec et sans l’ACRE :

Activité Taux normal Taux avec ACRE
Achat / revente de marchandises (BIC) 12,3 % 6,2 %
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) 21,2 % 10,6 %
Autres prestations de services et professions libérales (BNC) 21,1 % 10,6 %
Professions libérales relevant de la Cipav 21,2 % 12,1 %

La demande d’ACRE se fait automatiquement lors de la création de votre auto-entreprise sur le site du guichet unique de l’INPI. Vous n’avez aucune démarche supplémentaire à effectuer.

Les questions fréquentes sur l’auto-entreprise et le chômage

Puis-je créer mon auto-entreprise si je suis en CSP ?

Oui, si vous bénéficiez d’un Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP), vous pouvez créer votre auto-entreprise. Vous pourrez alors choisir entre le maintien de votre allocation de sécurisation professionnelle (ASP) ou demander le versement de l’ARCE.

Que se passe-t-il si je ferme mon auto-entreprise ?

Si vous avez opté pour l’ARCE et que vous fermez votre auto-entreprise, vous pouvez demander à être réinscrit comme demandeur d’emploi et récupérer le reliquat de vos droits au chômage (les 40 % restants), à condition que vos droits ne soient pas déchus.

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7 commentaires sur « Chômage : La création d’auto-entreprise est-elle la solution miracle pour rebondir ? »

  1. Créer une auto-entreprise pendant le chômage est une excellente idée. Ça permet de tester des projets sans pression, tout en bénéficiant de soutiens financiers. C’est un vrai tremplin !

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  2. J’adore créer des verreries artisanales, surtout en ces temps où on peut se lancer dans l’entrepreneuriat. C’est comme peindre avec la lumière ! Qui aurait cru que le chômage peut devenir un tremplin aussi coloré ?

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  3. Créer une auto-entreprise pendant le chômage, c’est vraiment une super idée ! On transforme une période difficile en projet passionnant. Les aides, comme l’ARE et l’ARCE, sont des coups de pouce non négligeables. Qui ne rêverait pas d’être son propre patron ?

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  4. L’article met en lumière des opportunités intéressantes pour ceux qui sont au chômage et souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat. J’apprécie particulièrement l’idée de pouvoir transformer une période difficile en une chance de créer quelque chose de nouveau. Les aides comme l’ARCE et l’ACRE sont d’une grande aide pour démarrer sans trop de risques. Cela me rappelle l’importance de croire en ses idées et de ne jamais abandonner, même dans les moments difficiles.

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  5. Cet article est une véritable bouffée d’air pour tous ceux qui se sentent perdus pendant leur période de chômage. Devenir auto-entrepreneur semble à la fois accessible et enrichissant. Les différentes aides disponibles sont présentées de manière claire, comme une palette de couleurs pour peindre son avenir. Cela donne envie de sauter le pas et d’exprimer sa créativité à travers entrepreneuriat !

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  6. L’ACRE est une sacrée opportunité pour alléger les charges au début, mais ça m’intrigue : est-ce que ces cotisations prennent en compte les éventuelles variations de revenus des premiers mois ? Ça doit être un vrai casse-tête pour certains.

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  7. L’ACRE qui allège les cotisations, c’est vraiment un bon plan pour démarrer sans trop de pression ! Je me demande si des formations en gestion sont recommandées en parallèle, histoire de bien se préparer avant le grand saut.

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